Accessibilité numérique RGAA : le guide 2026 pour mettre son site web en conformité

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14 septembre 20269 vuesEcrit parMajoliMajoliÉquipe de Majoli.io

Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act élargit le RGAA au secteur privé, avec des amendes jusqu'à 50 000 € par service. La méthode en 5 étapes pour se mettre en conformité en 2026.

Mains sur un clavier d'ordinateur portable affichant un panneau de vérification d'accessibilité et de contraste sur un site web, carnet rouge corail sur le bureau

Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act (EAA) a changé la donne : l'accessibilité numérique n'est plus l'affaire du seul secteur public. Six mois après son entrée en vigueur, 94 % des sites web européens ne respectaient toujours pas les exigences de la directive, selon les données compilées par Urbilog. Pour une TPE ou une PME française, comprendre ce qui a changé, qui est concerné et comment agir n'est plus une option : c'est une obligation légale assortie de sanctions bien réelles. Voici la méthode complète pour mettre votre site web en conformité en 2026.

Ce qui change en 2026 : l'accessibilité numérique sort du seul secteur public

Jusqu'à récemment, le Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité (RGAA) s'imposait surtout aux administrations, collectivités et organismes publics. L'EAA a changé la portée du texte : de nombreuses entreprises privées doivent désormais s'y conformer, avec un référentiel technique actualisé. La version officiellement en vigueur est le RGAA 4.1.2, alignée sur la norme européenne EN 301 549 et sur les critères de succès des WCAG 2.1, avec une tendance de fond vers les WCAG 2.2 (source : Pandiweb).

Autre signal fort : les premiers contrôles de la DGCCRF ont démarré en janvier 2026, avec l'Arcom en appui pour les services audiovisuels et de communication en ligne. Le sujet est donc passé, en quelques mois, du registre de la bonne pratique à celui du risque de conformité à traiter comme le RGPD ou la facturation électronique.

Qui est concerné par le RGAA en 2026 ?

Le périmètre est plus large qu'on ne l'imagine généralement en TPE-PME :

  • Tout le secteur public : administrations, collectivités, établissements publics, quelle que soit leur taille.
  • Les entreprises privées de plus de 10 salariés ou réalisant plus de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, dès lors qu'elles proposent certains services numériques (source : Pandiweb).
  • Les sites e-commerce, quel que soit le secteur d'activité.
  • Les services bancaires et financiers en ligne.
  • Les plateformes de réservation (transport, hébergement, billetterie).
  • Les services de communication au public en ligne et audiovisuels, sous le contrôle de l'Arcom.

Beaucoup de dirigeants de petites structures pensent, à tort, que la taille de leur entreprise les met automatiquement hors du champ d'application. Si votre site vend en ligne ou permet une réservation, la question mérite d'être vérifiée avant, et non après, un contrôle.

Les sanctions : ce que risque une entreprise non conforme

Les montants communiqués en 2026 ont de quoi faire réagir n'importe quel dirigeant :

  • Jusqu'à 50 000 € par service non conforme, une sanction qui peut être renouvelée, généralement après un délai de six mois, si les manquements persistent (source : Pandiweb). Cette récurrence ouvre la voie à des sanctions quasi annuelles en cas d'inaction prolongée.
  • 25 000 € peuvent s'ajouter pour le non-respect des obligations déclaratives : absence de déclaration d'accessibilité, absence de mention de conformité sur la page d'accueil, ou schéma pluriannuel non publié.
  • Pour le secteur privé, les montants observés se situent le plus souvent entre 7 500 et 15 000 € par manquement, avec des plafonds réglementaires pouvant atteindre 300 000 € dans les cas les plus graves (source : RGAA Consulting).

À cela s'ajoute un risque moins mesurable mais tout aussi réel : l'image de marque. Un site inaccessible ferme la porte à une partie de la clientèle, alors que les entreprises à l'identité visuelle et à l'expérience cohérentes captent davantage de confiance et de revenus, comme le montrent les études citées dans notre article sur la refonte de logo et d'identité visuelle.

Le RGAA en pratique : les 13 thématiques à connaître

Le référentiel RGAA structure ses critères autour de 13 grandes thématiques techniques. Les connaître permet de prioriser un audit sans se perdre dans les 106 critères de contrôle :

  1. Images (textes alternatifs)
  2. Cadres (iframes)
  3. Couleurs et contrastes
  4. Multimédia (vidéos, sons, sous-titres)
  5. Tableaux de données
  6. Liens (intitulés explicites)
  7. Scripts (compatibilité avec les technologies d'assistance)
  8. Éléments obligatoires (langue, titre de page)
  9. Structuration de l'information (titres, hiérarchie)
  10. Présentation de l'information (mise en forme, zoom)
  11. Formulaires (étiquettes, messages d'erreur)
  12. Navigation (menus, plan du site, clavier)
  13. Consultation (compatibilité navigateurs et lecteurs d'écran)

En pratique, une grande partie des non-conformités les plus fréquentes se concentre sur trois thématiques : les contrastes de couleurs, les textes alternatifs des images et la navigation au clavier.

La méthode en 5 étapes pour mettre son site en conformité

  1. Auditer l'existant. Commencez par un audit automatisé avec des outils comme WAVE, l'extension axe DevTools ou Lighthouse (intégré à Chrome), qui détectent une bonne partie des erreurs techniques : contrastes insuffisants, images sans texte alternatif, structure de titres incohérente. Ces outils ne couvrent toutefois qu'une partie des critères RGAA : un audit manuel, incluant un test de navigation au clavier et avec un lecteur d'écran, reste nécessaire pour un diagnostic complet.
  2. Prioriser les correctifs. Classez les anomalies détectées selon leur impact réel pour l'utilisateur et l'effort de correction. Les contrastes de couleurs et les textes alternatifs manquants offrent souvent le meilleur rapport impact/effort : ce sont aussi les points sur lesquels un travail sérieux de charte graphique et de choix des couleurs fait toute la différence.
  3. Corriger les fondamentaux techniques. Structure HTML sémantique, hiérarchie des titres, étiquettes de formulaires, navigation entièrement utilisable au clavier, sous-titres pour les vidéos : ce sont les corrections qui demandent le plus de rigueur technique et qui, bien menées, améliorent aussi la lisibilité générale du site, y compris sur mobile (voir notre guide sur le mobile-first).
  4. Publier la déclaration d'accessibilité et le schéma pluriannuel. Ces deux documents, obligatoires, doivent être accessibles depuis la page d'accueil. La déclaration précise le niveau de conformité (totale, partielle ou non conforme), les contenus non accessibles et les moyens de contact pour signaler un problème. Le schéma pluriannuel fixe, lui, une trajectoire d'amélioration sur plusieurs années.
  5. Maintenir la conformité dans la durée. L'accessibilité n'est pas un chantier ponctuel : chaque mise à jour de contenu, chaque nouvelle page ou refonte partielle peut réintroduire des erreurs. Un contrôle périodique, une charte de rédaction accessible pour les équipes et une vigilance lors de toute évolution du site sont indispensables. C'est un sujet à traiter dès la conception, notamment lors d'une refonte de site.

Combien coûte une mise en conformité RGAA ?

Les budgets varient fortement selon la taille et la complexité du site. Pour un site vitrine standard, plusieurs prestataires spécialisés évoquent une fourchette de 5 000 à 10 000 € pour un audit complet suivi des corrections prioritaires (source : Pandiweb). Un site e-commerce ou une plateforme avec des fonctionnalités transactionnelles (paiement, réservation, espace client) demande généralement un budget plus élevé, en raison du volume de parcours utilisateurs à tester. À ce coût initial s'ajoute un budget de maintenance : audits de suivi réguliers, formation des équipes à la rédaction accessible et vérification à chaque mise en ligne de nouveau contenu.

Dans tous les cas, intégrer l'accessibilité dès la conception d'un nouveau site coûte nettement moins cher que de corriger un site existant après coup : c'est un argument de poids à faire valoir avant toute création de site internet.

Les erreurs les plus fréquentes en TPE-PME

  • Confondre accessibilité et responsive design. Un site adapté aux mobiles n'est pas automatiquement accessible aux personnes en situation de handicap.
  • Se limiter à un audit automatisé. Les outils comme Lighthouse ne détectent qu'une fraction des critères RGAA ; un test humain reste indispensable.
  • Oublier la déclaration d'accessibilité. Même un site partiellement conforme doit publier cette déclaration : son absence est, à elle seule, sanctionnable.
  • Traiter le sujet une fois, puis l'oublier. Une refonte, un nouveau module ou une simple mise à jour de contenu peuvent faire retomber un site en non-conformité.
  • Négliger les formulaires et la navigation au clavier, deux points souvent invisibles à l'œil mais bloquants pour les technologies d'assistance.

Accessibilité et référencement : un duo gagnant

Bonne nouvelle pour les dirigeants qui hésitent encore à investir : une grande partie des correctifs d'accessibilité recoupe les bonnes pratiques de référencement technique. Une structure de titres cohérente, des textes alternatifs pertinents et un temps de chargement maîtrisé profitent à la fois aux utilisateurs de technologies d'assistance et au positionnement dans les moteurs de recherche, comme le détaille notre article sur le SEO technique et les Core Web Vitals. Un site plus accessible est, in fine, un site plus robuste, y compris pour des marchés à l'international, où les standards d'accessibilité sont souvent encore plus stricts qu'en France (voir notre guide sur le site web multilingue).

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le RGAA ?

Le RGAA, ou Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, est le référentiel français qui définit les critères techniques permettant à un site web, une application ou un document numérique d'être utilisable par les personnes en situation de handicap. Il s'appuie sur les standards internationaux WCAG et compte 106 critères de contrôle répartis en 13 thématiques.

Mon entreprise est-elle concernée si j'ai moins de 10 salariés ?

Le seuil le plus souvent cité pour le secteur privé est de 10 salariés ou 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. En dessous de ces seuils, l'obligation légale directe peut ne pas s'appliquer, mais certaines activités (e-commerce, services financiers, réservation) restent concernées indépendamment de la taille de l'entreprise. Dans le doute, un premier audit rapide permet de clarifier votre situation et d'anticiper une évolution réglementaire qui tend à s'élargir.

Comment rédiger une déclaration d'accessibilité ?

La déclaration d'accessibilité doit indiquer le niveau de conformité au RGAA (totale, partielle ou non conforme), la liste des contenus non accessibles avec, si possible, une alternative, ainsi qu'un moyen de contact pour signaler un défaut d'accessibilité et faire valoir son droit. Elle doit être accessible depuis la page d'accueil du site, généralement via le pied de page.

Quels outils utiliser pour auditer son site soi-même ?

Des outils gratuits comme WAVE, l'extension axe DevTools ou l'audit intégré à Google Lighthouse permettent un premier diagnostic technique en quelques minutes : détection des contrastes insuffisants, des images sans texte alternatif ou des erreurs de structure HTML. Ils doivent néanmoins être complétés par un test manuel de navigation au clavier et, idéalement, avec un lecteur d'écran, pour couvrir l'ensemble des critères RGAA.

Que faire si mon site n'est pas encore conforme ?

Commencez par un audit pour mesurer précisément l'écart avec les critères RGAA, puis publiez une déclaration d'accessibilité mentionnant honnêtement le niveau de conformité actuel et un calendrier de mise à niveau via le schéma pluriannuel. Cette démarche active, même si elle prend du temps, réduit fortement le risque de sanction par rapport à une absence totale de démarche. Pour toute question sur la mise en conformité de votre site, notre équipe reste disponible via la page contact.

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